Le Raid Maroc Girl 2005
"c’était genial, magique, extraordinaire, aussi bien les paysages que les membres de l’organisation et l’equipe en elle-même,...Je ne reve que d’une chose : recommencer."
L’équipe
Benoît :
Le « Parfait Organisateur » de Bike Travel, la jovialité en personne et le record du nombre de blague à la minute,
Dominique :
guide accompagnateur discret mais d’une gentillesse évidente,
Gaétan :
l’ange gardien, médecin, mais aussi une vraie mère pour nous toutes, les pieds dans les starting en permanence pour relever la moto et aider une fille en difficulté,
Aziz :
le cœur sur la main dans son 4X4 balai
Et toutes les filles aux personnalités si attachantes et par ordre alphabétique:
Bérénice,
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Premier jour : 19/10/05
Départ de l’hôtel royal à Agadir direction Immouzer (au nord d’Agadir).
Les motos sont là, sur le parking de l’hôtel : 8 motos bleu, je me retrouve seule devant la numéro 2, elle est là devant moi, on dirait qu’elle m’attend. Je monte dessus, tout va bien, les suspensions paraissent très souple…le petit groupe se met en marche, nous sortons une par une du parking de l’hôtel en traversant le petit porche, direction la première station service pour faire le plein. Les réservoirs sont d’origine, mais la région est bien approvisionnée en essence. A la station (dans Agadir), nous attendons la livraison d’une 125, une seule fille (Nathalie) n’a pas le permis.Un marocain vient avec une 125 qui fume pas mal, l’entretien des motos semble ne pas être le sujet de préoccupation des marocains, l’organisateur l’essai, négocie et nous voilà toute avec nos motos.Nous quittons Agadir en file indienne, Benoît devant, Dominique derrière et Aziz en fin de course avec son 4x4.
Rassemblement avant le départ d’Agadir
En direction des cascades d’Immouzer nous prenons une petite route goudronnée, c’est la route du miel. Le paysage est varié, derrière chaque colline la végétation semble changer, on aperçoit au loin les chemins de terre qui traversent les collines. Nous roulons a environ 40 a 70 kmh. Apres environ 70km de route nous arrivons a Immouzer pour y déjeuner : une tajine au miel, c’est un agréable goût de salé sucré et fondant.La route reprend, la terre est rouge et très sèche, certains coins sont assez verts, il y a des endroits qui ressemblent à la Provence avec ses pins. La température est très bonne environ 24, et 22 ou 21 quand on grimpe un peu.
Premier paysage
première séance photo
Le soir : retour sur Agadir.
Encore de la route, mais les paysages sont si beaux qu’on pense davantage à regarder autour de nous qu’a tourner la poignée.
Nous rentrons à Agadir par la route, la nuit est là, je pense que nous avons pris la N1 à Amesnaz. Cette route longe la mer et serpente le long de la cote. Un petit groupe de « rapides » se forme avec Benoît, Didier, Noëlle et moi, nous roulons assez vite, c’est un régal. Dommage que je ne puisse pas passer devant, je serais allé encore un peu plus vite…dans ses courbes qui me font penser un peu à la Gineste entre Cassis et Marseille. D’un coup la lune énorme et légèrement orangée apparaît derrière le profil des collines noires, c’est grandiose.
Deuxième jour : 20/10/05
Départ de l’hôtel royal d’Agadir vers Tiznit.
Le matin nous ne nous pressons pas trop, ce qui me laisse le temps de discuter avec un des employés de l’hôtel notamment. Chabib Kamal me dit faire une course marocaine, là il vient de faire 400km dans la journée avec une 600 Ténéré…peut être trouverai-je des infos sur google …
La journée commence mal :
Premier pépin; nous devions nous retrouver au deuxième rond point , mais dans les esprits le deuxième pour certain c’est a partir du premier et pour d’autre c’est après le premier…donc petite course pour remettre les brebis égarées au bon rond point. Malheureusement une fille se perd également et file tout droit..(avec sa 125 bridée elle doit avoir du mal à suivre…),
Deuxième pépin : une des motos ne démarre plus…c’est qu’elles ne sont plus toutes jeunes… il faut changer de moto…les organisateurs s’occupent de ça…
Troisième pépin : la moto de remplacement fait un sacré bruit, visiblement le point faible des TTR c’est le démarreur qui reste grippé…
13h et toujours aux portes d’Agadir….nous sommes toutes très patientes heureusement…Pour nous calmer, Benoît nous amène dans un coin qui ressemble à un désert : de la terre très dure parsemée de grosses pierres ronde d’environ 15cm de diamètres, elles paraissent impressionnantes, vue de loin on dirait un tapis de grosses billes, mais en roulant assez vite dessus on ne sent rien….mais le débutantes n’osent pas franchir ce cap, après un premier aperçu des réactions devant des pistes non goudronnées, nous reprenons la route vers Tiznit. Nous roulons a environ 80 km/h, heureusement (pour moi), la route est bordée de terrains sablonneux rougeâtre mi piste mi terrain vague qui me permet de m’amuser en remontant la file par cette voie parallèle, un large fossé sépare la route de cette piste et la moto est très souple, j’ai l’impression de voler d’une piste a l’autre, on dirait un ballet tout en douceur mais près de 100km/ parfois..
Vers 14h nous arrivons dans un grand hôtel pour déjeuner…. Piscine mais pas de maillot : grrrrr j’aurai bien fait un petit plouf pour me rafraîchir..
petite pause sur la route de tiznit
Départ pour Guelmin, nous prenons encore de la route…et arrivons de nuit au Fort Bou Jerif par une piste accidentée. Pour les plus téméraires, nous décidons de faire une petite boucle d’environ une demi-heure avant de rentrer dîner…..nous partons donc dans ces pistes semées d’embûches… en plein désert de cactus : mais pas d’inquiétude : Benoît a son gps…. ? Rouler de nuit sur ces pistes un peu technique est assez grisant, la lune veille sur nous a 1h…..puis, sans qu’on s’en rendent compte ; plus de piste, du sable dur légèrement raviné qui semble être une piste mais qui nous conduit tout droit sur des champs de cactus, tout autour de nous que des cactus, des petits monticules de plus en plus fournis qui ne s’écrasent pas du tout sous la roue et qu’il faut contourner sans oser penser ce qu’il adviendrait si on tombait dessus…nous sommes perdus, le gps indique la direction a vol d’oiseau mais devant c’est des dunes de cactus a perte de vue…glup…tout nos sens sont en éveil, le moindre changement de terrain nous laisse penser que nous allons trouver une piste…mais d’échec en échec nous tournons en rond et la lune se moque de nous : elle bouge aussi …
Tout à coup une minuscule loupiote clignote au loin ! tous les regards se fixent sur cette lueur d’espoir..nous n’avons pas le temps de nous demander ce qu’elle fait là et partons à l’assaut de la loupiote de survie…ce n’est pas une légende : perdu en plein désert, deux marocains surgissent d’on ne sais où…et nous les embarquons sur les motos pour qu’ils nous raccompagnent au fort…les pauvres, ils sont quasi pied nu et Benoît frôle ces fichus cactus, je vois les pieds se lever d’un coup sec…comme s’ils venaient de se faire piquer…
Apres cette petite escapade d’environ une heure et demie, nous rentrons au fort Bou Jerif.
Là je vois des ktm, honda, yamaha, nous ne sommes pas seuls, une équipe de trail-rando est déjà là et nous discutons un peu de nos trajets respectifs : comme le monde est petit : l’organisateur est un parisien…(comme moi) Apres ce long dîner a nous raconter nos vies…peut être en ayant eu peur de la perdre…nous allons nous coucher dans ces grandes tentes de bivouac, sous les couvertures épaisses et chaudes nous sentons l’air frais et humide nous rafraîchir le nez. La lune est presque pleine et nous incite
Troisième jour : 21/10/05
Dernière couchées, premières levées :
Finalement la nuit fut douce et nous permet de supporter la douche froide du matin…je crois que l’eau est chauffée par des panneaux solaires…mais l’énergie n’est pas stockée la nuit. Quand je regarde autour du fort là où nous étions perdus la veille, ça parait incroyable : nous étions juste a coté comme au bout d’un parking, et nous semblions être seuls au monde…comme quoi dans le désert il faut bien regarder la lune et sa montre et connaître les temps de rotation, ça peut sauver (si un gps tombe en panne par exemple).
Aziz met tout nos sacs dans le 4X4 et nous ne préparons tranquillement pour le départ, direction Guelmin puis Taghjicht. Ce sont des grandes pistes de terre rouge, on peu rouler vite c’est génial. Nous déjeunons a Guelmin dans un petit resto local a la devanture bleu, c’est ramadan et nous mangeons une omelette et une bonne pizza berbère aux herbes que Gaétan nous partage, il est comme un mère pour nous, toujours aux petits soins, c’est un ange.
dejeuner a guelmin
L’après midi retour sur les pistes, c’est grandiose la moto encaisse très bien les bosses, trous et pardonne toutes les erreurs, c’est génial.
Le soir nous arrivons a l’hôtel Tagha a taghjicht, j’admire le paysage au sommet d’une petite bute, l’hotel est entouré de montagnes, on se demande de quoi vivent les gens ici, il n’y a rien. Nous buvons des bières sur la terrasse de l’hôtel, ben oui je me met a la bière…Le ciel est étoilé et laisse un bon présage pour le lendemain : encore du beau temps. Dans les chambres assez rustiques, il y a de l’eau mais la couleur de l’eau qui suinte le long de la baignoire nous dissuade, le chauffe eau aussi du reste, le « maître d’hôtel » nous indique comment chauffer l’eau : brancher la prise et attendre que ça chauffe…euh nous nous laverons une autre fois…la décoration est assez spéciale dans la chambre : le rideau de la salle de bain est une sac plastic bleu découpé en bandelettes : original
Pascale D
Quatrième jour : 22/10/05
Départ de Taghjicht direction Tagoujgalte par les pistes, puis direction Igmir (a mi chemin entre Tagor et Izerbi),
on remonte vers Tafraoute.
Les longues pistes de cailloux et pierres me font vraiment pensé aux chemins du gaz du sud de la France, le paysage est sublime, grandiose. Près d’igmir nous traversons des oueds, remplis de grosses pierres rondes, chapeau aux débutantes ça doit être bien dur pour elles.
pause déjeuné a Igmir
Cinquième jour : 23/10/05 et dernier jour de moto ?
Nuit à l’hôtel de « la tête du lion », premier costume cravate rencontré depuis notre départ. Christophe nous accueille pensant voir les médias publiciter son hôtel dont le nom provient de l’ombre projetée sur la roche située face à l’hôtel mais à l’heure ou nous y étions nous ne l’avons pas vu.
hotel : la tete du lion
Cette fois c’est le dernier tronçon avant la fin, il y a une odeur de fin qui rode, nous roulons calmement en appréciant ces derniers moments qui resteront inoubliables.
Arrivée a Bruxelles,
Ce fut une arrivée pleine d’émotions, cette randonnée a créé des liens très fort au sein de l’équipe.
Tous les meilleurs moments, les plus difficiles aussi nous reviennent à l’esprit, les chutes, les pierres, la faiblesse du gps dans le désert la nuit, les boites de sardines dans les collines…Nous étions durant ces quelques jours sur une autre planète, une planète où les relations entre les individus sont vraies ou ne sont pas. Les motos sont si proches de nous dans ces grands espaces qu’on s’y attachent (en tout cas moi oui : adieu la numéro 2, c’était fabuleux).
Je garderai toujours à l’esprit cette merveilleuse équipe et tous ces moments magiques, merci a tous.
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